Faut-il être désagréable pour entretenir de bonnes relations ?

Chaque jour, du plus jeune âge avec nos parents jusqu’aux rapports que nous entretenons avec nos relations professionnelles, apparait une tendance que nous avons à être complaisant, intuitivement et de façon plus ou moins consciente.

Il semble que la machine humaine soit faite ainsi. On a généralement plus à gagner à satisfaire nos semblables plutôt qu’à les dégouter. Et il semble que nos comportements sont assez largement influencés par cela.

 

Entendons-nous bien :

La « complaisance » évoquée ici est « l’action de s’accommoder au sentiment, au goût de quelqu’un pour lui plaire » (feat. Littré mais Larousse dit pareil)

Ce qu’on peut questionner, ce sont les aspects délétères du phénomène sur les relations professionnelles que nous entretenons avec nos contemporains, avec qui on a plutôt envie ou intérêt à être complaisant, à priori.

 

Essayez d’envisager les déclarations suivantes :

« Je fais +1000% de CA en étant désagréable avec mes clients »

« Mon équipe est sur-performante parce que je les traite comme des chiens »

Deux non-sens évidents ! Alors être aimable et avenant avec nos clients ou nos équipes est la piste que nous privilégions naturellement, sans nous en rendre compte.

 

En quoi serait-ce un problème ?

Ce qui me titille dans les agissements complaisants, c’est le risque de perdre de vue l’essentiel en éludant ce qui pourrait déplaire, voire carrément de tomber dans l’inaction, comme :

  • s’attacher à satisfaire une demande et oublier de clarifier le besoin, et au final aboutir à un résultat qui ne répond à rien,
  • féliciter ou réprimander pour… le faire, sans réellement apprécier et en perdant de vue ce à quoi cela pourrait servir,
  • s’attribuer les succès, rejeter les échecs sur les autres et ne rien en apprendre, (complaisance perso), ou ne pas oser la critique pour ne pas déranger, et finir par prendre des décisions douteuses sur la base faits erronés…

La complaisance s’installe dans nos relations, touche nos actions de plein fouet, et il semble qu’à chaque fois, le piège est le souci louable et sincère de vouloir bien faire. Comme aveuglé par des bénéfices évidents, alors qu’en réalité, on agit avec un manque de lucidité assez criant.

Si ce comportement est de l’ordre du réflexe spontané, il sera malheureusement difficile pour les bonnes volontés qui veulent toujours bien faire, de ne pas tomber dans le panneau. Et je plaide coupable.

En avoir conscience semble déjà être une bonne chose. Pour aller plus loin et traduire cela en pratique, une piste semble de savoir être exigeant. Avec soi-même et avec les autres.

Bien sûr il n’est pas question de viser une attitude imbuvable ou chercher à moins bien faire. Mais plutôt de chercher à faire encore mieux, en adoptant une posture lucide sur les choses, comme par exemple :

  • en exigeant des états des lieux factuels,
  • en donnant de vrais signes de reconnaissance en vue de progrès,
  • en étant exigeant dans les relations de collaboration / de construction commune (par exemple en s’attachant à clarifier le besoin qui pourrait se cacher derrière une demande confuse),
  • en prenant le temps de produire des REX, même en cas d’échec
  • en questionnant sérieusement ce qui ne se laisserait pas soumettre à la critique…

…pour que les relations soient vraiment saines, au sens où les difficultés, désagréables par nature, sont considérées et prises à bras le corps, autorisant ainsi des bénéfices mutuels plus importants que si elles avaient été éludées.

Bien entendu cette réflexion personnelle, qui ne s’appuie sur aucune autre source que l’expérience, est ouverte à la critique…

Même si dans ma boutique on a pas mal d’outils à disposition, qui sont bien utiles pour arriver à cela (entre autres).